Edito intégral Café 21

L’édito : les invariants du café
Dans l’un des premiers cafés de l’éducation, au début de l’année 2017, avait surgi l’expression « tenir les deux bouts ». En l’occurrence, l’assistance débattait sur « enseigner et éduquer, comment tenir les deux bouts ? ».
Ces deux bouts finalement traversent l’histoire de nos cafés.
Qu’il s’agisse des deux bouts de la lorgnette, l’une à focale grossissante, l’autre qui réduit, comme des vues macro et microsociologique sur les problématiques que nous livrons, lors de chaque séance, à l’acuité des participants, que ce soient les fils d’un écheveau, entrelacs de réalités partielles et partiales que nous tirons sans que jamais ne se rompe le flux des échanges des débatteurs, ou que ce soient les divers coins fichés dans l’apparent monolithe d’une complexité morinienne, toujours nos cafés de l’éducation cherchent à creuser les questions vives de notre société en multipliant les entrées dans les questions et en permettant que se croisent les regards.
Ce mercredi 2 octobre, la profondeur de champ nous a été donnée par Sébastien MARIOTTI, responsable « transition écologique » à la DEAL (Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) de La Réunion et Mariela NAVAZA, de l’association « des abeilles dans le lycée ». Le premier posant le cadre, la seconde présentant par l’exemple l’action de terrain, celui-ci en interrogeant les limites, celle-là mettant en exergue les réussites au niveau du territoire, ces allers-retours étayés, argumentés qui ont dépassé de loin le seul carcan de l’introduction, ont donné du rythme, de l’intérêt et sans doute de l’espoir aux seize participants réunis cet après-midi-là dans l’espace Canopé.
Echelle géographique de la planète, passant du global au local mais aussi dimension temporelle étaient abordées lorsque notre intervenant des services de l’Etat plaçait le public face au dilemme de l’urgence d’une situation qui ne peut plus attendre contre la mise en place de politiques publiques durables et efficaces.
Autre invariant de ces cafés, personne n’en ressort avec une solution clés en mains. Quiconque viendrait dans ce seul but se trouverait extrêmement déçu : le système binaire vrai-faux, ouvert-fermé n’a pas cours en ce lieu.
Pour autant après ces échanges sur l’écocitoyenneté comme après les précédents, il ne serait pas faux d’affirmer que ces idées débattues sont des graines prêtes à germer que chacun emporte avec soi en refermant la porte de Canopé et que ce riche et respectueux partage de points de vue est une des indispensables étapes du vivre-ensemble dans une société pacifiée où la pensée doit être modelée au plus près des citoyens.